Intempérance : attention danger

En ce moment inédit au cours de laquelle nous vivons la loi chaotique des impondérables, le monde tourne au ralenti, le confinement est généralisé. Cela engendre des situations inimaginables et difficilement supportables.

L’économie est bloquée, il y a une crise financière. Plusieurs nations ont fermé leurs frontières, les entreprises fermées, écoles à tous les niveaux fermées, restaurants fermés, églises fermées. Les événements et spectacles divers et variés annulés, plus de rassemblements. Des deuils solitaires, des drames qui ont lieu en secret, angoisse, peur, stress, égoïsme, désobéissance, résignation, etc.

La bonne nouvelle de ce confinement est qu’il donne du repos à celles et ceux qui travaillent beaucoup, du temps à passer avec sa famille, du temps à passer en couple, avec ses enfants, de l’ordre à mettre dans sa maison, de l’ordre à mettre dans ses pensées, du temps pour soi, du temps pour la réflexion, pour encourager, pour aimer son prochain notamment tous ceux qui sont chaque jour au front dans les domaines multiformes pour que la vie continue normalement, car nous réalisons que nous sommes tous dans le même bateau existentiel. La nature semble enfin reprendre du poil de la bête, l’écosystème retrouve le bel équilibre, on apprécie ce que c’est que de l’air pur (cet unique élément non commerçable).

Cependant, ce confinement peut aussi entrainer de l’exaspération susceptible d’aboutir à des pulsions de toutes sortes, les névroses, etc. De même, l’on constate que les gens se livrent à des commandes à outrance au point d’encombrer le système de livraisons postales, notamment pour des biens de bien moindre nécessité. A cette horrible période, d’autres personnes, certainement n’arrivant pas à se contrôler, sont pris dans le filet des vices de toutes sortes ou des excès susceptible de les plonger dans l’intempérance. Ce manque de sobriété devrait par la suite avoir pour conséquence de nombreux décès non liés au covid-19.

Ainsi, pour mieux exprimer mon propos je partage le poème suivant intitulé la mort, de Jean-Pierre Glaris de Florian.

 

La mort

 

La mort, reine du monde, assembla certain jour, 
Dans les enfers, toute sa cour. 
Elle voulait choisir un bon premier ministre 
Qui rendît ses états encore plus florissants. 
Pour remplir cet emploi sinistre, 
Du fond du noir Tartare avancent à pas lents 
La fièvre, la goutte et la guerre. 
C’étaient trois sujets excellents ; 
Tout l’enfer et toute la terre 
Rendaient justice à leurs talents. 
La mort leur fit accueil. La peste vint ensuite. 
On ne pouvait nier qu’elle n’eût du mérite, 
Nul n’osait lui rien disputer ; 
Lorsque d’un médecin arriva la visite, 
Et l’on ne sut alors qui devait l’emporter. 
La mort même était en balance : 
Mais, les vices étant venus, 
Dès ce moment la mort n’hésita plus, 
Elle choisit l’intempérance.

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